Journal d'expo Destination IA : Où vivent nos données ?

Publié le – Mis à jour le

Ce que l’on ne voit jamais derrière le numérique

Lorsque nous envoyons un message, regardons une vidéo en ligne ou utilisons une application, tout semble instantané.

Le numérique donne souvent l’impression d’être immatériel.

Pourtant, derrière chaque recherche Internet, chaque intelligence artificielle ou chaque dossier médical numérique se cachent des infrastructures bien réelles : des serveurs, des centres de données, des réseaux et des supercalculateurs.

Sans eux, rien ne fonctionnerait.

En Normandie, plusieurs équipements jouent déjà un rôle essentiel dans cette immense mécanique numérique. Datacentres, entrepôts de données de santé ou calcul intensif : ils constituent les fondations invisibles du monde connecté que nous utilisons chaque jour.

Derrière chaque clic, des machines

Le mot « cloud » évoque souvent quelque chose de léger, presque flottant.

La réalité est bien différente.

Les données que nous produisons sont stockées dans des centres de données, plus connus sous le nom de datacentres.

Ces infrastructures assurent le stockage, le traitement et la sécurisation des informations utilisées quotidiennement par les entreprises, les services publics et les particuliers.

Depuis quelques années, leur rôle est devenu encore plus important avec l’essor de l’intelligence artificielle, qui nécessite toujours davantage de capacités de calcul et de stockage.

Autrement dit : nos données vivent quelque part.

Et ce « quelque part » ressemble davantage à un bâtiment rempli de serveurs qu’à un nuage.

Des données plus proches, plus sobres et plus souveraines

À Rouen, Caen, Le Havre ou encore Saint-Romain-de-Colbosc, l’entreprise normande Webaxys développe depuis plusieurs années une approche originale du stockage des données.

Son objectif : proposer des datacentres implantés localement, soumis au droit français et européen, tout en réduisant leur impact environnemental.

L’entreprise mise notamment sur plusieurs leviers :

  • refroidissement naturel grâce au climat normand ;
  • réutilisation de bâtiments existants ;
  • équipements majoritairement conçus en Europe ;
  • récupération de chaleur pour chauffer les locaux ;
  • utilisation d’énergies renouvelables.

Cette démarche répond à un enjeu souvent méconnu : les centres de données consomment d’importantes quantités d’électricité.

Selon les chiffres présentés dans le Journal d’Expo, leur consommation annuelle mondiale est passée de 120 TWh en 2005 à 420 TWh en 2024, soit presque l’équivalent de la consommation électrique française.

Le numérique possède donc une réalité physique qu’il est parfois facile d’oublier.

Quand les données deviennent utiles

Stocker des données ne suffit pas.

Encore faut-il pouvoir les organiser et les exploiter.

C’est précisément le rôle de l’entrepôt de données de santé du CHU de Rouen.

Mis en service en 2020, il rassemble des informations issues de nombreux logiciels utilisés dans l’hôpital : dossiers patients, analyses biologiques, imagerie médicale, comptes-rendus ou encore données administratives.

Aujourd’hui, il contient les données d’environ 2 millions de patients et plus de 26 millions de documents médicaux.

Pour Julien Grosjean, responsable de cet entrepôt, l’enjeu n’est pas d’accumuler des données mais de pouvoir les retrouver, les croiser et les exploiter dans le cadre de projets de recherche ou d’amélioration des soins.

Par exemple, certaines équipes utilisent ces données pour mieux comprendre des maladies, identifier des facteurs de risque ou repérer des patients qui pourraient bénéficier d’un diagnostic complémentaire.

Les données ne produisent pas les réponses toutes seules.

Elles deviennent utiles lorsqu’elles sont interprétées par des chercheurs et des professionnels de santé.

Calculer l’invisible

Certaines questions scientifiques nécessitent des capacités de calcul bien supérieures à celles d’un ordinateur classique.

C’est la mission du CRIANN, le Centre régional informatique et d’applications numériques de Normandie.

Son supercalculateur, baptisé Austral, est environ 50 000 fois plus puissant qu’un ordinateur portable.

Une telle puissance permet notamment de simuler des phénomènes extrêmement complexes :

  • circulation des fluides ;
  • énergies marines ;
  • réactions chimiques ;
  • conception de médicaments ;
  • recherche en intelligence artificielle.

Comme l’explique Marie-Sophie Cabot :

Nous n’avons pas attendu ChatGPT pour nous ouvrir à l’IA.

Les chercheurs normands utilisent depuis longtemps ces capacités de calcul pour entraîner des algorithmes, traiter des images médicales ou modéliser des phénomènes impossibles à observer directement.

Le numérique est-il vraiment immatériel ?

Les exemples présentés dans Destination IA invitent à revoir une idée largement répandue.

Le numérique paraît souvent invisible.

Pourtant, derrière chaque service en ligne se cachent des bâtiments, des serveurs, des réseaux, des techniciens, des chercheurs et des infrastructures parfois gigantesques.

Stocker.

Organiser.

Calculer.

Ces trois actions constituent le socle du monde numérique contemporain.

Et plusieurs de ces équipements essentiels sont aujourd’hui implantés en Normandie.

Derrière l’IA, des infrastructures bien réelles

Lorsqu’on évoque l’intelligence artificielle, l’attention se porte souvent sur les applications visibles : assistants conversationnels, reconnaissance d’images ou recommandations personnalisées.

Mais avant de produire des résultats, l’IA a besoin de données, de stockage et de puissance de calcul.

Autrement dit, elle a besoin d’infrastructures.

Les datacentres de Webaxys, l’entrepôt de données du CHU de Rouen ou le supercalculateur du CRIANN illustrent cette réalité souvent méconnue.

Ils rappellent que le numérique ne flotte pas dans les nuages.

Il repose sur des équipements très concrets qui permettent chaque jour de faire fonctionner la recherche, les services publics, les entreprises et les usages numériques que nous considérons désormais comme évidents.

Pour aller plus loin

Ce sujet est issu du Journal d’Expo de Destination IA, qui donne la parole aux chercheurs, professionnels, entreprises et acteurs du territoire qui façonnent les usages du numérique en Normandie.

Retrouvez l’intégralité des interviews et des dossiers dans le Journal d’Expo, consultable en ligne, dans l’exposition et disponible à l’achat à l’Atrium.

📍 Et poursuivez la découverte dans l’exposition Destination IA.