Les robots changent-ils notre façon de travailler ?

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Quand humains et robots collaborent dans les usines normandes

Lorsqu’on parle de robotisation industrielle, l’image qui vient souvent à l’esprit est celle d’usines entièrement automatisées où les machines remplaceraient progressivement les humains.

La réalité est généralement bien plus nuancée.

Dans de nombreuses entreprises, les robots sont introduits pour répondre à des problématiques très concrètes : réduire la pénibilité de certaines tâches, améliorer la sécurité, maintenir un niveau de qualité constant ou encore faire face à des difficultés de recrutement.

Derrière les bras robotisés et les technologies industrielles se cache donc une question plus large :

Les robots changent-ils notre façon de travailler ?

C’est l’un des sujets explorés dans l’exposition Destination IA à travers plusieurs acteurs normands engagés dans les transformations industrielles.

Une nouvelle étape de l’histoire industrielle

L’industrie n’a pas attendu l’intelligence artificielle pour se transformer.

Après la mécanisation portée par la vapeur, l’électrification puis l’automatisation informatique, les industriels parlent aujourd’hui d’ «Industrie 4.0».

Cette nouvelle étape repose sur l’utilisation combinée de technologies numériques, de données, de capteurs, de logiciels et de robots capables d’interagir avec leur environnement.

Dans Destination IA, cette évolution se découvre à travers des exemples ancrés dans le territoire normand, où l’industrie, l’énergie, la logistique, la pharmacie ou encore l’agroalimentaire mobilisent déjà certaines de ces technologies.

On ne robotise jamais pour le plaisir

Pourquoi une entreprise décide-t-elle d’installer un robot sur une ligne de production ?

Pour Caroline Watripont, chargée du développement de Proxinnov Normandie, la robotisation répond toujours à un besoin précis.

Certaines tâches sont répétitives. D’autres sont physiquement exigeantes. Certaines opérations nécessitent une grande régularité ou peinent à attirer de nouveaux candidats.

La robotique apparaît alors comme un outil permettant d’accompagner les équipes et d’améliorer certaines conditions de travail.

Comme le souligne Caroline Watripont, les entreprises cherchent aussi à rendre certains postes plus attractifs. Lorsque des opérations répétitives sont automatisées, les salariés peuvent être amenés à exercer davantage de responsabilités ou à développer de nouvelles compétences.

Dans ce contexte, le robot n’est pas une finalité.

C’est une solution parmi d’autres pour répondre à des enjeux de production, de qualité de vie au travail ou d’organisation.

Il n’existe pas un robot, mais des robots

Parler « du robot industriel » n’a pas beaucoup de sens.

L’industrie utilise aujourd’hui une grande diversité de machines adaptées à des usages très différents.

Dans l’agroalimentaire, certains robots déplacent ou conditionnent des produits. Dans la logistique, des véhicules automatisés transportent des marchandises d’un point à un autre. Dans d’autres secteurs, des bras robotisés réalisent des opérations de précision ou interviennent dans des environnements difficiles d’accès.

Le Journal d’Expo présente plusieurs grandes familles : robots mobiles autonomes, véhicules à guidage automatique (AGV), bras robotisés, drones industriels, cobots ou encore robots humanoïdes.

Chaque activité développe ses propres usages.

Il n’existe donc pas un robot-type, mais une multitude de solutions conçues pour répondre à des besoins spécifiques.

Quand humains et robots travaillent ensemble

Parmi les évolutions les plus visibles figure l’arrivée des cobots, pour « robots collaboratifs ».

Contrairement aux robots industriels traditionnels, souvent isolés dans des espaces sécurisés, les cobots sont conçus pour travailler à proximité des opérateurs humains. Ils sont capables de détecter une présence humaine et d’adapter leur comportement afin de garantir la sécurité des interactions.

Le principe est simple : chacun réalise les tâches pour lesquelles il est le plus efficace.

L’humain conserve les activités qui demandent adaptation, contrôle ou expertise.

Le robot prend en charge certaines opérations répétitives ou nécessitant une grande précision.

Dans l’exemple présenté par Proxinnov, un opérateur positionne de petites pièces sur un produit tandis que le cobot réalise ensuite les opérations de soudure. Humain et robot interviennent successivement sur une même chaîne de production.

Cette complémentarité constitue aujourd’hui l’un des visages les plus visibles de l’industrie 4.0.

Une industrie normande en transformation

La Normandie possède un tissu industriel particulièrement riche.

Énergie, nucléaire, logistique, pharmacie, agroalimentaire ou encore activités portuaires : de nombreux secteurs explorent aujourd’hui de nouveaux usages de la robotique et de l’intelligence artificielle.

À Cherbourg-en-Cotentin, l’entreprise Atron Metrology développe par exemple un outil d’intelligence artificielle capable d’identifier certaines pannes récurrentes sur des instruments de mesure afin d’anticiper des opérations de maintenance.

Autre exemple, Fastpoint utilise l’IA pour détecter des situations à risque dans des environnements professionnels et déclencher immédiatement des alertes de sécurité.

Ces initiatives illustrent la diversité des usages du numérique dans l’industrie normande.

Derrière les robots, des choix humains

Les robots sont aujourd’hui l’un des symboles les plus visibles de la transformation numérique.

Pourtant, les exemples présentés dans Destination IA racontent avant tout une histoire de travail.

Comment réduire la pénibilité de certaines tâches ?

Comment améliorer la sécurité ?

Comment rendre certains métiers plus attractifs ?

Comment accompagner l’évolution des compétences ?

La robotique apporte des outils.

Mais les objectifs, les choix d’organisation et les décisions restent profondément humains.

Et c’est peut-être là l’une des principales leçons de cette industrie connectée qui se développe aujourd’hui en Normandie : derrière chaque robot, il y a toujours des femmes et des hommes qui conçoivent, supervisent, adaptent et décident.

Pour aller plus loin

Ce sujet est issu du Journal d’Expo de Destination IA, qui donne la parole aux chercheurs, professionnels, entreprises et acteurs du territoire qui façonnent les usages du numérique en Normandie.

Retrouvez l’intégralité des interviews et des dossiers dans le Journal d’Expo, consultable en ligne, dans l’exposition et disponible à l’achat à l’Atrium.

📍 Et poursuivez la découverte dans l’exposition Destination IA.