Le 22 janvier 2026, Science Action Normandie accueillait la première conférence de la saison 2026 des Forums du Savoir à l’Hôtel de Région – site de Rouen.
Invitée de la soirée : Nathalie Sayac, professeure des universités en didactique des mathématiques et inspectrice générale de l’Éducation.
Une discussion éclairante autour d’une question aussi sensible que persistante :
Les filles seraient-elles réellement moins à l’aise en mathématiques que les garçons ?
🧠 Une inégalité « naturelle » ? Les sciences disent non.
Premier point posé clairement :
il n’existe aucune différence biologique ou cérébrale qui expliquerait un moindre talent des filles pour les mathématiques.
Les recherches en neurosciences montrent qu’à la naissance, le cerveau des filles et celui des garçons ne présentent pas de différences qui prédisposeraient l’un ou l’autre à exceller en mathématiques.
La fameuse « bosse des maths » ?
Une croyance héritée de la phrénologie, aujourd’hui invalidée.
Autrement dit : les inégalités ne sont pas naturelles, elles sont construites.
📉 Des écarts qui apparaissent… à l’école
Les données présentées sont frappantes.
En début de CP, filles et garçons ont des performances similaires en mathématiques.
Mais quelques mois plus tard, un écart commence à apparaître — et il se creuse progressivement au fil de la scolarité.
Pourtant, à niveau égal en 6e, les filles ont deux fois moins de chances de s’orienter vers une filière scientifique que les garçons.
Si les résultats scolaires ne suffisent pas à expliquer ces différences, quels mécanismes sont à l’œuvre ?
💬 Confiance en soi et menace du stéréotype
Un facteur clé ressort des recherches : la confiance en soi.
À performance égale, les filles se déclarent moins confiantes que les garçons face à une évaluation en mathématiques.
Le simple fait de présenter une activité comme « mathématique » peut influencer les performances, illustrant ce que les chercheurs appellent la menace du stéréotype :
la peur de confirmer une croyance négative peut affecter les résultats.
🏫 Des représentations construites très tôt
Les stéréotypes de genre s’installent dès le plus jeune âge : dans les discours, les attentes sociales, les modèles proposés.
Ils influencent les choix d’orientation, les projections professionnelles et, à terme, la répartition dans les filières scientifiques et technologiques.
🔎 Permettre des choix libres
La conférence s’est conclue sur une invitation à regarder autrement les inégalités scolaires :
non pas comme des fatalités biologiques, mais comme des phénomènes sociaux sur lesquels il est possible d’agir.
Former, sensibiliser, questionner les pratiques éducatives : autant de leviers pour permettre à chacune et chacun de choisir son parcours en toute liberté.
🎥 Retrouvez l’intégralité de la conférence en replay ci-dessous.